Inauguration du groupe scolaire

Le 25 septembre, de nombreux parents accompagnés de leurs enfants, la plupart des enseignants, la directrice, les élus, la sous-préfète, l’inspecteur de l’éducation nationale, le député et la sénatrice étaient réunis autour du maire, Michel Hermant, à l’occasion de l’inauguration officielle du groupe scolaire Martin Luther King. Le ruban était tenu par deux anciens directeurs : M. Vanderswaelmen et Mme Davidson.

Lors des discours qui ont suivi, plusieurs intervenants ont souligné à quel point le choix du nom de Martin Luther King correspondait aux valeurs républicaines que les enseignants ont pour mission d’inculquer aux enfants. Son combat pacifique pour la reconnaissance des droits civiques des noirs américains fut en effet exemplaire. Abattu en 1968 par un fanatique, il rejoint au Panthéon des pacifistes tous ceux qu’il fallut tuer pour les faire taire : Jaurès, Gandhi, etc …

Son célèbre discours de Washington (« I have a dream ») est dans toutes les mémoires : des enfants en lurent des extraits.

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Le discours du Maire

Il avait fait un rêve.

Il avait rêvé d’un monde plus juste où les hommes auraient vécu libres et égaux en droits.

Il, c’est Martin Luther King.

Ce Martin Luther King, pour les gens de ma génération, fait partie des morts illustres des années 60 avec les frères Kennedy. J’avais 17 ans quand on l’a tué. J’avais l’âge où se forgent les convictions. J’avais 17 ans et Martin Luther King faisait partie de ces splendides orateurs qu’on ne peut faire taire qu’en les tuant.

Comme Gandhi, comme Jaurès, il a payé de sa vie son pacifisme.

Comme Mandela, il avait aussi parfois payé de sa liberté la défense de ses idées.

Ce combat, c’est amusant, il l’avait vraiment commencé en 1955 à Montgomery (Alabama) en soutenant Rosa Parks, une ouvrière noire qui avait refusé de céder son siège dans un bus à un passager blanc.

Ses convictions, il les a défendues avec enthousiasme, avec éloquence, au sein du mouvement de protestation civile, un mouvement pacifique. Ses convictions, il les a payées cher, très cher : sa maison sera dynamitée, sa famille menacée.

Comme Gandhi, il était convaincu que la résistance non-violente est l’arme la plus puissante dont les peuples opprimés disposent dans leur lutte pour la liberté.

Le 28 août 1963, ce sera la célèbre marche pour les droits civiques où il prononcera son célèbre discours : « I have a dream », dont les enfants vous lisent des extraits.

En 1964, son action sera couronnée par le Prix Nobel de la paix.

En 1965, la loi sur le droit de vote met fin à la ségrégation.

En 1968, il se rend à Memphis pour soutenir la grève des éboueurs de la ville. C’est là qu’il sera tué par un tireur isolé.

Mais son combat, même s’il n’est pas complètement fini, on peut dire qu’il l’a gagné. Si les Etats-Unis ont aujourd’hui un président à la peau noire, c’est à Martin Luther King qu’on le doit.

Nous avions fait un rêve, n’est-ce pas Jacques.

Nous avions fait le rêve, voici deux ans et demi, que nous pouvions gérer une commune, sans parti pris, sans esprit de caste, en servant au mieux l’intérêt général, en étant à l’écoute.

Aujourd’hui, après avoir mené à bien d’importants chantiers – l’église, l’école -, après avoir fini ce qui était engagé – le lotissement, les salles de danse -, après avoir engagé de nouveaux chantiers – sécurité routière, voies douces – nous avons toujours la même foi chevillée au corps. Même si les difficultés sont réelles, même si la conjoncture est morose, même si la réforme des collectivités nous inquiète, nous avons toujours la conviction que nous pouvons mener à bien ce que nous avons entrepris, la conviction que nos rêves peuvent devenir réalité.

L’école, c’est une obligation pour une commune.

En France, c’est simple :

  • le lycée, c’est la région ;
  • le collège, c’est le département ;
  • l’école, c’est la commune.

Il y a une répartition des tâches entre la commune et l’Etat. L’Etat assure la paie des enseignants qui ont le statut de fonctionnaires d’Etat. Rappelons que le maire n’a aucun pouvoir hiérarchique sur les enseignants. Même si certains pensent le contraire (anecdote).

L’Etat organise les programmes, le cadre juridique, l’aspect pédagogique. La commune assume tout le reste : les locaux (construction et entretien), l’électricité, l’eau, le chauffage, le téléphone, la connexion internet, l’assurance, la cantine, la garderie, le ramassage scolaire, avec les frais de personnel et les charges que cela représente : les ATSEM, les femmes de ménage, le personnel pour la cantine et la garderie, le chauffeur du bus, l’accompagnatrice. Heureusement qu’il y a des contrats aidés. J’espère que les contrats aidés ne seront pas victimes du plan de rigueur !

L’école, c’est une obligation pour une commune, disais-je ! C’est une obligation pour une commune d’adapter ses locaux à l’évolution de la population scolaire, c’est une obligation pour une commune comme la nôtre de regrouper sur un même site les diverses classes, de limiter les déplacements pour des raisons de sécurité, entre les classes, la cantine, la garderie, la bibliothèque, le cybercentre, le terrain de sports, etc …

A Roquetoire, enfin, presque tous ces éléments sont désormais réunis sur un même site : les 9 classes, la cantine, la garderie avec une salle de motricité et même un patio … Et bientôt, je l’espère, l’école numérique.

Deux mots au sujet de l’école numérique. C’est l’AMRF qui a sensibilisé l’État sur ce sujet. L’objectif était de doter les communes de moins de 2 000 habitants. 5 000 communes ont été retenues sur les 8 000 candidates. Roquetoire était bien sûr candidate. Mais ne fut pas retenue parce que dans le Pas-de-Calais, on a décidé de donner la priorité aux RPI. Comme Roquetoire n’est pas en RPI, nous attendons toujours !

Vous l’avez peut-être su : nous avons eu la visite de l’inspecteur d’académie il y a quelques jours. Je lui ai signalé l’apparent paradoxe qu’il y a pour l’État à se féliciter de voir une commune comme Roquetoire faire d’énormes efforts pour moderniser son école et de voir ce même État ne pas apporter sa pierre à l’édifice en dotant l’école du matériel informatique nécessaire. Ce que j’appelle la cerise sur le gâteau ! 10 000 €, Madame la Sous-Préfète ! 10 000 €, Monsieur l’Inspecteur !

L’AMRF a demandé une dotation complémentaire. Nous sommes toujours demandeurs, bien sûr !

Cette école, c’est une longue histoire.

C’est une longue histoire parce que les parents d’élèves et les enseignants ont attendu longtemps ce regroupement sur un seul site de toutes les classes.

Une fois les travaux lancés début 2008, ils ont encore attendu près de deux ans la fin de cette extension. Les nouveaux locaux n’ont été occupés qu’en janvier 2010. Le préfabriqué n’a été détruit qu’en juillet 2010 (entre le début des vacances et le démarrage du centre aéré). Le bitume de la cour n’a pu être posé qu’il y a quelques jours.

Bien sûr, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Les plans ont été dessinés par M. Lenouvel et l’appel d’offres a été lancé avant les municipales de 2008.

Félicitations à M. Lenouvel pour cette conception architecturale. Pas HQE mais presque ! Nous avons apporté quelques correctifs : la chaufferie au bois plutôt que le gaz, le parking pour les enseignants sur le côté, un parking végétalisé. Le sationnement côté rue de Mametz, revu et corrigé, le parking pour les parents sans possibilité de reculer sur la chaussée et avec un sens unique, la limitation à 30 KM/H, le stationnement du bus rue Saint-Michel, le renouvellement du mobilier de la cantine, la réfection de la cour de l’école, …

Voilà ! Tout le monde a vu ces locaux. M. Vasseur dit que la plus belle école du Pas-de-Calais, c’est Enquin-les-Mines ! J’espère que Roquetoire est sur le podium ! Et elle sera encore plus belle avec sa classe numérique !

Il faut remercier nos financeurs. L’État, qui a joué son rôle avec la DGE et la réserve parlementaire de Mme Henneron, le Département qui s’implique également sur l’école et sur la voirie, la Région, l’ADEME et le département encore pour la chaufferie, la CAF sur le mobilier de la cantine, l’Etat et la réserve parlementaire de M. Lefait sur la rue Saint-Michel.

Je ne vais pas vous accabler de chiffres. Cette aide est substantielle, même si elle ne nous évite pas d’avoir recours à l’emprunt pour financer un tel investissement. Et vous savez ce qu’on dit : « les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain ».

Mais à ceux qui pourraient nous reprocher un tel investissement, je répondrai que je ne connais pas une entreprise, pas une collectivité qui puisse investir sans recourir à l’emprunt.

On fait souvent allusion ces derniers temps à la solidarité entre les générations pour expliquer que les actifs paient les retraites des anciens. C’est vrai ! Mais les anciens ont financé les écoles, les collèges, les lycées et tout notre système social et sanitaire. La solidarité, elle joue dans les deux sens.

Voilà, Mesdames, Messieurs les enseignants, nous vous donnons un bel outil. Nous essaierons de l’améliorer encore. Autrement dit, il y aura encore des travaux si nous pouvons les financer. L’ADEME et la Région acceptent de financer la chaufferie au bois à la condition que nous nous engagions à isoler l’ancien bâtiment qui est aux normes des années 70. La FDE va nous aider à faire disparaître l’affreux poteau EDF rue Saint-Michel. On va rajouter ça à la longue liste des travaux qui restent à faire : la sécurité routière, l’assainissement, la voirie, la bibliothèque, la modernisation de la mairie, l’isolation de la salle des fêtes, le PLU, le développement du secteur locatif, la maison de retraite, les voies vertes, les cheminements piétonniers, …

Je remercie les enseignants, les parents d’élèves, les élèves, pour leur patience et leur compréhension. Je remercie toutes les entreprises qui ont participé à cette construction (14 lots !), je remercie à nouveau les financeurs et les contribuables de Roquetoire qui n’ont pas fini de payer pour cette école, je remercie tous les adjoints qui se sont impliqués sur ce chantier, Jacques Cordiez en particulier qui s’est beaucoup investi sur ce dossier, « A petits pas » qui nous a accompagnés sur la chaufferie et l’ADEME, et bien sûr M. Lenouvel qui a imaginé cette école.

Vous vous plaisez, Mesdames, Messieurs les enseignants, à souligner les performances de nos écoliers lors des tests que vous organisez. Nul doute qu’avec un tel outil les résultats seront à la hauteur de vos espérances, de nos espérances. Nul doute que nos enfants seront ainsi mieux armés pour affronter un avenir incertain.

J’ai commencé mon propos en rappelant le combat de Martin Luther King pour la liberté de tous, l’égalité entre les hommes, pour la fraternité entre les peuples. Ces objectifs rappellent la devise de la République. Ce sont aussi les objectifs de l’école républicaine.

Longue vie à l’école Martin Luther King !

Vive la République !

Vive Roquetoire !