Quand Roquetoire s’éveille

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En 1973, Alain Peyrefitte avait connu un succès de librairie considérable avec l’ouvrage « Quand la Chine s’éveillera, … le monde tremblera ».

Les ambitions de Florent Thorel, auteur de « Quand Roquetoire s’éveille » sont plus modestes et Roquetoire n’a jamais prétendu faire trembler le monde. Son ouvrage, le premier d’une trilogie, n’en répond pas moins à une forte demande, celle des nombreux amateurs d’histoire locale désireux de mieux connaître le passé de leur village, spécialement cette période un peu floue qu’est le Moyen Age auquel ce premier tome est consacré. 

L’auteur, connu pour son amour du foot et du rock’en roll (il est le président de l’association « Musiczac »), a obtenu un master I (Histoire médiévale) et un master II (métiers de l’enseignement) et se destine au métier de professeur.

Dans son livre, Florent évoque « la naissance et le développement du village au Moyen-Age. Comment il a gagné sa place dans le paysage audomarois. Qui étaient ses habitants ? Avaient-ils une vie paisible ? Quels étaient les visages de l’activité agricole et religieuse ? Autant de questions auxquelles je tente d’apporter une réponse » dit-il dans une interview à l’Echo de la Lys.

Il nous fait notamment découvrir l’exploitation agricole de Thierry d’Hireçon (1270-1328) dont la comptabilité est conservée à Dainville. Ce qui nous permet d’apprendre qu’à l’époque on réalisait d’excellents rendements sur les terres roquestoriennes.

Il s’intéresse également au fonctionnement de la justice à cette époque, à la religion, à l’origine des noms propres.

L’ouvrage est en vente chez l’auteur (56E – rue d’Aire). On peut également le contacter par messagerie : florentthorel1985@gmail.com.

Une conférence est prévue le 18 janvier à la salle des fêtes de Roquetoire.

Les prochains ouvrages à paraître s’intéresseront à Roquetoire sous la domination espagnole du XVème au XVIIème siècle et Roquetoire pendant la Révolution et sous le Premier Empire.

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Photos d’autrefois

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L’abbé Henri Marchand né le 8 juin 1868 à Heuchin

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A l’école des garçons en 1920-1921, on brandissait le drapeau américain, la photo ayant été prise par la compagnie américaine « The Américan Wilson Photo »

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Si vous vous reconnaissez, faites le nous savoir, nous transmettrons à M. Lardeur

 

 

On remarquera sous les briques les affiches relatives aux élections législatives (Edmond Lefebvre du Prey fut député de Saint-Omer  de 1909 à 1927, ministre de l’Agriculture, de la Justice et des Affaires Etrangères.  Il siégea ensuite au Sénat de 1927 à1944).

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  Les grands-parents de Monsieur Paul Lardeur, Monsieur et Madame Douillet Bruge, qui ont remplacé les Brisbout en 1907.

 

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Angèle Bruge, la grand-mère de Paul Lardeur et Isabelle Douillet, la mère de Paul Lardeur.

  

Le blockhaus

Ce bunker servait de poste de téléguidage de V2 durant la Seconde Guerre mondiale. Il fut mis en service dès 1943. Roquetoire n’a pas été choisi au hasard. En effet, si l’on trace une ligne entre Roquetoire et le Cap Gris-Nez puis une autre vers le Cap Blanc-Nez et si on les prolonge jusqu’en Angleterre, elles encerclent Londres, d’où le choix stratégique des Allemands de s’installer ici.

Le bunker est assez impressionnant de par ses dimensions : 35 m de long et 22 m de large. Son nom de code était « Umspannwerk C », ce qui signifie lieu de transformation. La base de lancement travaillait en étroite collaboration avec celle de Wizernes (lieu d’implantation de la Coupole d’Helfaut).

Le bunker pouvait contenir des véhicules et tous les équipements nécessaires à la survie. Il comptait trois portes plus celle laissant passer les camions. Tout le matériel fut découvert et emporté par les autorités françaises en janvier 1946.

Le château de la Morande

Le château de la Morande

Le château de la Morande

Il a été élevé par le marquis de Lully au début du XVIIIe siècle puis acquis par Guillaume Marcotte, écuyer et secrétaire du roi qui prit le nom de seigneur de Roquetoire. Ce sont toujours ses descendants qui en sont les propriétaires.

Peu habité à partir de 1890, le château fut occupé par un état-major portugais durant le 1er conflit mondial puis loué à la baronne Dard dans les années 20. Endommagé par les pillages et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le château fut restauré en 1950 (le gros-œuvre uniquement).

Depuis plusieurs années, le descendant, M. Seydoux, a entrepris des travaux de restauration. A ce propos, le château a subi une transformation plutôt insolite. En effet, en 1840, les propriétaires avaient voulu ajouter un deuxième étage tout en conservant le toit d’origine mais l’équilibre général était par conséquent rompu. C’est pourquoi les descendants choisirent de revenir à la situation initiale en supprimant cet étage. Pour ce faire, une entreprise d’Isbergues, sous la direction d’un architecte de Saint-Omer, a mis en place un système de vérins qui soutenaient le toit et on a pu ainsi enlever progressivement les parties de l’étage et faire descendre la charpente à son niveau d’origine. Le matériau principal utilisé pour construire le château est la pierre blanche.

A noter : les façades, la toiture ainsi que 3 pièces du château sont inscrites à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Les autres lieux de mémoire de la commune

Roquetoire Churchyard

Dans le cimetière, la tombe d’un soldat britannique. Brogan E., Gunner au Royal Field Artillery, décédé le 9 février 1916.

Square du Souvenir Français et des anciens combattants (avec stèle)

Inauguré le 11 novembre 2007. La stèle a été offerte par M. Mouton, marbrier à Roquetoire.

Le monument aux morts de la paroisse Saint-Michel

Localisation

Église Saint Michel soubassement de l’autel latéral

Conflits commémorés

1914-1918, 1939-1945

Texte de l’épitaphe

A nos soldats morts ou disparus au service de la Patrie 1914-1919

Liste des noms inscrits sur les plaques

1914 Jules CAPPE Camille FRANÇOIS François FRANÇOIS Rémi LASSET Clovis LEGRAIN Gaston MACKRE Alexis POULLE Roger QUÉNIVET Edouard VÉNIEL

1915 Marcel BULTEL Arthur CORDIEZ Léopold CORDIEZ Henri DELAHAYE Louis DELVART Léon DELVART Henri DUCROCQ Gustave DUBOIS Olivier FOULON Henri QUÉNIVET Émile LASSET Émile WIMETZ

1916 Alphonse BERNARD Gustave BRUGE Abel CORDIER Léonard CORDIEZ Émile DAUCHY Julien DELVART Jules DESSOLY Elisée PAVY

1917 Georges DELPOUVE Auguste DESSOLY Jules FONTAINE Rémi FONTAINE Henri GADELIN

1918 René CARON Fernand CŒUGNET Jules FOUBERT Marius LARDEUR Henri MASSET Georges THÉRET

1919 Edouard GAMBIER

1940 Albert LEROY Raymond BULTEL Marcel FONTAINE

Le monument aux morts

Le monument aux morts

Le monument aux Morts se situe au bord de la route principale, il commémore les conflits de 1914-1918, 1939-1945, et d’Indochine. Il a été inauguré le 31 octobre 1920, le marbrier est Ernest Rabischon (Aire-sur-la-Lys) . Voici le texte de la dédicace : Roquetoire à ses glorieux enfants morts pour la France.

Descriptif

Ce monument est un des modèles les plus diffusés en France, le Poilu victorieux, du sculpteur Eugène Bénet. La statue provient des établissements métallurgiques A. Durenne (fondeur à Paris).

A la demande de l’association des anciens combattants, la municipalité actuelle a financé les travaux de remise en état en 2009, travaux subventionnés par le Souvenir Français.

Coût et financement

13 250 francs. Une souscription publique rapporta 4 250 francs.

Liste des noms inscrits sur le monument aux morts

Guerre 1914-1918

1914 CAPPE Jules FRANÇOIS Camille FRANÇOIS François LASSET Rémi MACKRÉ Gaston POULLE Alexis QUÉNIVET Roger VÉNIEL Edouard

1915 BULTEL Marcel CORDIER Arthur CORDIER Léopold DELAHAYE Henri DELVART Louis Caporal DUBOIS Gustave FOULON Olivier QUÉNIVET Henri LASSET Émile WIMETZ Émile

1916 BERNARD Alphonse BRUGE Gustave CORDIEZ Abel CORDIER Léonard DAUCHY Émile DELVART Julien DESSOLY Jules PAVY Elisée

1917 DELPOUVE Georges DESSOLY Auguste FONTAINE Jules FONTAINE Rémi GADELIN Henri Caporal

1918 CARON René Adjudant CŒUGNET Fernand Caporal FOUBERT Jules LARDEUR Marius MASSET Henri THÉRET Georges

1919 GAMBIER Edouard Caporal

1939-1945

Victimes militaires

1940 BULTEL Raymond FONTAINE Marcel LEROY Albert

1944 WIMEZ Michel FIOLET Jules S.T.O.

Victimes civiles

1944 Mme DUCROCQ-GREBAULT FONTAINE Marcel

Indochine

1953 FONTAINE Hubert Caporal

Histoire de la commune

blason

Un peu d’histoire

Station romaine du temps de César, Roquetoire est probablement de fondation plus ancienne encore. Les premières mentions écrites de son nom apparaissent  au milieu de la période médiévale. Ainsi, le cartulaire de l’abbaye de Saint-Bertin précise-t-il que l’abbaye détient des droits sur les terres de Roquetoire et qu’elle y possède une villa (un domaine) : la villa de ROKESTOR  à l’époque sous la dépendance du Comte de Flandre. Autour de cette villa, sur ces terres  fertiles se constitua peu à peu une petite agglomération et ensuite un village.

Vers la fin du XIIème siècle, Philippe Auguste réunit la province d’Artois à la France. De nouveaux combats marquent le XIIIe siècle notamment par la révolte de la Flandre contre la France.

Au XVe siècle, après la chute de Thérouanne, la paix est rétablie. Le prospère domaine de la Morinie s’étend.

Sous la domination espagnole, le village est sérieusement touché durant les combats (pillages, destructions, incendies).

Jusqu’au XVIIIème siècle, les guerres ruinent Roquetoire. En 1710, c’est le siège d’Aire. En 1713, le traité d’Utrecht réunit définitivement l’Artois à la France.

Quelques dates

1180 : La province d’Artois dont dépend Roquetoire est rattachée à la France par Philippe Auguste.

1479 : La guerre éclate entre l’Allemagne et la France, Thérouanne est assiégé. Sous Louis XIII, le conflit reprend entre les Espagnols et les Français. Le gouverneur fait brûler les maisons et inonde le pays pour empêcher la progression de l’ennemi et cela engendre de nombreuses pertes et destructions pour les habitants de Roquetoire.

1553 : Thérouanne fut assiégée et détruite par les troupes de l’empereur Charles Quint. Roquetoire comme tous les villages voisins eut beaucoup à souffrir de ces sièges et passa sous la domination espagnole.

1710 : Le village n’est pas non plus épargné par le siège d’Aire.

1713 : Sous Louis XIV, le Traité d’Utrech réunit définitivement l’Artois à la France.

L’origine du nom incertaine

On prête deux significations quant à l’origine du mot « Roquetoire ». En effet, soit son nom vient du germain ROQUETUM signifiant vêtement supérieur en lin car la terre de Roquetoire était très renommée par la qualité du lin qui y poussait, soit le nom vient du celte ROCK (= rocher) et ESTOR du latin stare (= se tenir) allusion à une statue de la Vierge de l’Amour adossée à un rocher. "ROKESTOR", cité en 1096.

Géographie

La commune, d’une superficie de 1071 hectares, est située à 6 km d’Aire-sur-la-Lys et à 15 km de Saint-Omer. Elle est jalonnée de 25 km de chemins communaux, en plus des voies départementales. Elle compte 1832 habitants (recensement de 2009).

Les Hameaux

Le village compte 9 "hameaux" :

  • La Farnière ou La Farinière (plaine cultivée),
  • Warnes (vient du mot « war » qui signifie étang, marais),
  • La Vallée,
  • Le Boguet (petit bois),
  • Ligne (du latin lignum qui fait référence à un pays boisé),
  • Cochendal (désigne un vallon ou la voie romaine allant de Thérouanne à Cassel),
  • La Morande (signifie le repos),
  • Camberny (vient du latin campus, désigne le champ attenant au pont Berny situé sur la Melde),
  • Blanc Pignon.

Les Rivières

Le village est traversée par des petites rivières :

  • La Melde qui prend sa source à Ecques, se jette dans la Lys à Aire-sur-la-Lys,
  • La Liauwette qui prend sa source à Ligne, se jette dans la Lys.

Héraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

fascé d’or et d’azur de huit pièces, à l’escarboucle pommetée de l’un en l’autre brochant sur les deux premières fasces.

L’église Saint-Michel

L'église Saint-Michel

L’église actuelle, de style ogival, date de 1868. L’édifice primitif était de style roman comme en attestent les gouaches de Croÿ.

Cette nouvelle église fut entièrement reconstruite par les habitants selon les plans du curé de l’époque.

La rosace fut offerte par la famille de Raust de Berchem, propriétaire du chateau de la Morande. Les vitraux ont été restaurés en 1998. Les boiseries, les autels, le chemin de croix, la chaire, sont remarquables.

La tour carrée du clocher, endommagée, fut restaurée en 2008 et 2009 à l’initiative de la municipalité actuelle. Les travaux furent réalisés par une association d’insertion (l’APRT) sous la conduite d’un architecte, Monsieur Dewerdt. Ces travaux ont été subventionnés par le Département et par la Fondation du Patrimoine.

Depuis l’époque de Saint-Louis, l’église est placée sous le patronage de Saint-Michel qui, selon la légende, fit jaillir une source durant une période de grande sécheresse. La fontaine Saint-Michel existe toujours et n’a jamais tari, dit-on.

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L’église de Roquetoire fut entièrement reconstruite à partir de 1868.

Il reste peu de traces archéologiques de l’ancienne, décrite comme étant de style roman par les gouaches de Croÿ. Une dalle gravée conservée au fond de l’église actuelle atteste de la fondation d’une chapelle latérale par les frères Riewart en 1315.

Un tableau la réprésentant, récemment restauré, est situé au fond de l’église.

Cet ancien édifice, trop petit et en mauvais état, fut donc détruit. Sa reconstruction se fit sous la conduite de l’abbé Leroy, curé de Moulle, natif de Roquetoire, qui proposa de fournir les briques nécessaires à la construction d’une église à trois nefs. Offre qui fut acceptée par le Conseil Municipal et le Conseil de Fabrique.

La population fut associée au projet : « Les riches offrirent leur or, les fermiers leur argent, leurs chevaux et leurs voitures ; les ouvriers leurs économies ; les pauvres leurs bras ». (abbé Leroy – 1871).

La famille de Ranst de Berchem – propriétaire du château – apporta également sa contribution.

Le transfert des matériaux dura deux ans : les attelages allaient chercher les pierres à Elnes ou à Esquerdes. Ils prenaient également la route de la gare afin de transporter la pierre de Paris et de Saint-Dizier ou le grès de Marquise pour les colonnes et les chapiteaux.

L’édifice fut élevé sous la direction de M. Escudé, entrepreneur à Saint-Omer (qui à la même époque réalisa le clocher et le chœur de l’église de Quiestède).

L’exécution de tout le mobilier fut confiée à M. Buisine, sculpteur à Lille.

L’appel aux donateurs et la participation de la population s’expliquent par le fait que les finances de la commune ne lui permettaient pas à l’époque de supporter le coût de cette reconstruction. En effet, la commune venait de financer la construction d’une école des filles.

La restauration de 2008-2009 :

Pour des raisons de sécurité, deux pinacles de pierre furent démontés en 2007.

Dès mai 2008, à l’initiative du maire, la restauration des parements fut confiée à l’APRT (association d’insertion dont le siège est à Esquerdes). Les pierres furent fournies par ROCAMAT. L’échafaudage fut loué à Comi-Service.

Le financement fut assuré par la Fondation du Patrimoine, le Conseil Général et la Commune.

Sur les conseils de M.M. Têtart (SDAP du Pas-de-Calais) et Legrand (Fondation du Patrimoine), la conduite des travaux fut confiée à M. Hugues Dewerdt (Cabinet d’architectes EURL ANGEZ à Roëllecourt).

Ce sont les travaux les plus importants réalisés sur cet édifice depuis sa construction.

Le clocher se présente sous la forme d’une tour carrée flanquée de contreforts. On accède à la nef par une porte couronnée d’un vitrail et d’une rosace. La tour est dominée par quatre pinacles et une balustrade périphérique.

Avec ses trois nefs et sa tour, l’église de Roquetoire est dite de style ogival.

Remerciements à Mme Mireille Gouget, à M. Marcel Bertin, à Mme Véronique Goblet et à l’office de tourisme d’Aire-sur-la-Lys pour l’aide et la documentation fournies.

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